Les idées, le pouvoir, et ce qui se joue entre les deux.

On apprend très tôt, à certaines d’entre nous, que ces sujets-là ne nous regardent pas. Que le droit, la géopolitique, les rapports de force seraient l’affaire des spécialistes, des initiés, de ceux qui ont la bonne signature au bas d’une carte de visite.

Je crois exactement l’inverse.

Si j’écris sur le pouvoir, c’est d’abord parce que je l’ai approché. Le droit international, je ne l’ai pas seulement lu : je l’ai vu se fabriquer, dans ses coulisses les moins spectaculaires, au tribunal judiciaire de Paris, puis à la Délégation aux affaires européennes et internationales du ministère de la Justice, là où se négocient la coopération, la diplomatie et la justice. Sciences Po m’a donné une grammaire ; ces couloirs m’ont appris à lire entre les lignes.

Mais la légitimité, je ne l’attends de personne. Elle ne se décerne pas, elle se travaille. À force de rigueur, de sources qu’on vérifie, de questions qu’on refuse de laisser dormir. Écrire sur le pouvoir n’est pas un privilège que l’on mérite : c’est un droit que l’on prend.

Et trop souvent, celles et ceux qui auraient le plus à en dire sont précisément ceux à qui l’on ne tend jamais le micro. Alors je le prends.

Ici, je nomme. Les rapports de domination, les impunités, les silences confortables. 

Les mots, contre les maux. 

Non pas pour livrer des vérités définitives, je m’en méfie autant que des ombres de la caverne, mais pour poser les questions qui engagent.

Vous n’aurez besoin d’aucune permission pour lire. Je n’en ai pas eu pour écrire.


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