À propos
Qui est Sara Aimelle ?
(C’est moi. Enfin, presque — on y revient plus bas.)
Sara Aimelle est une autrice et essayiste parisienne qui vit simultanément dans trois réalités : celle de ses personnages, celle du monde qu’elle essaie de comprendre, et celle où elle a un devoir à rendre pour lundi. Elle écrit depuis avant de savoir vraiment écrire — ce qui, rétrospectivement, explique beaucoup de choses.
(Et oui, elle se décrit à la troisième personne. Barthes a proclamé la mort de l’auteur ; l’auteur s’est visiblement réincarné en quelqu’un qui parle de soi au « elle » pour paraître moins égocentrée.)
Étudiante en science politique à Sciences Po, je m’intéresse à la géopolitique, au droit international, à la philosophie et à la justice — avec une tendresse particulière pour les sujets qui mettent mal à l’aise en dîner de famille. Quand la réalité devient trop fade, j’écris des histoires : des romans, des nouvelles, des poèmes, et tout ce qui se glisse entre les trois.
J’écris parce que je ne sais pas faire autrement — parce que le monde va trop vite, et que les mots sont la seule façon que j’ai trouvée de le ralentir assez longtemps pour le comprendre.
Langues — je pense en quatre dialectes (et je m’entête sur trois autres)
Oui, la streak Duolingo est plus longue que toutes mes relations réunies. Non, je ne souhaite pas en parler.
Quant à l’arabe : c’est la moitié de l’histoire de ma famille. Mais ça, ce n’est pas ici que je le raconterai.
Et si je change de langue en plein article sans prévenir : bienvenue dans mon cerveau.
Plumes — ce que j’écris
Terrains — ce qui m’obsède
Le parcours, en bref (cliquez, si vous êtes du genre curieux)
J’ai grandi entre plusieurs langues et plusieurs mondes — un double baccalauréat franco-américain, une adolescence traversée par un détour en Australie, une famille dont l’histoire s’étend sur trois continents. Peut-être que tout vient de là : quand on grandit entre les mondes, on apprend tôt que chaque histoire a plusieurs versions, et qu’il faut aller vérifier soi-même.
Alors je suis allée vérifier. Au lycée, j’ai fondé un journal d’actualité internationale — parce qu’à quinze ans, j’estimais déjà que le monde nous concernait, même quand il faisait semblant de se passer loin. Ensuite, il y a eu les rédactions : la presse écrite nationale, la radio publique, ces lieux où j’ai appris que l’information est une matière qui se travaille, se vérifie, se respecte. Puis les salles d’audience d’un tribunal parisien, où j’ai vu la justice de près — pas celle des grands principes, celle des matins ordinaires, des vies qui basculent en vingt minutes d’audience. Et enfin les couloirs d’un ministère, côté coopération internationale, là où le droit cesse d’être une matière d’examen pour devenir une négociation entre des États qui ne se font pas confiance.
Aujourd’hui, j’étudie la science politique à Sciences Po, et je me destine à la fonction publique internationale — quelque part à l’intersection du droit international et de la coopération multilatérale, là où les grandes machines du monde grincent et où j’ai l’intention d’aller mettre les mains.
Ce blog est le carnet de bord de tout ça. Certaines obsessions commencent tôt ; je compte bien ne jamais guérir des miennes.
Moi, en poème (en partie)
Hommage à Roland Barthes, qui a passé sa vie à disséquer les textes et à proclamer la mort de l’auteur — ce qui ne l’a pas empêché d’écrire des dizaines de livres sur lui-même.
j’aime
saigner des mots sur des pages,
raconter des vies que je ne vivrai jamais,
l’eau qui m’accueille quand je plonge,
la paella le dimanche, la cannelle sur tout,
les wraps avec rien dedans (ne jugez pas),
ma mère, la façon dont on se comprend sans parler,
les paysages de montagne — en été, sans guêpes,
le chocolat qui fond trop lentement,
manger enfin après avoir eu faim trop longtemps,
les fous rires pour des raisons que personne d’autre ne comprendrait.
je n’aime pas
les maths avec mon père (mais j’adore mon père !), les choux de Bruxelles,
les tomates, l’odeur de cigarette froide dans la rue,
les nappes rugueuses,
se brosser les dents et manger juste après,
le bruit de quelqu’un qui mâche trop près,
entendre ce que mes amis ont dit dans mon dos,
sourire à une blague qui ne marche pas,
faire semblant d’avoir tout suivi,
mon téléphone qui freeze au mauvais moment,
et mon frère qui prend la douche avant moi
et me laisse l’eau froide
et la porte fermée.
Ce que vous trouverez ici
De la géopolitique, de la philosophie, de la culture, des histoires — et parfois tout en même temps. Des articles qui partent d’un fait divers pour finir chez Platon, ou d’une décision de la CPI pour finir dans les entrailles du système international. Des textes qui s’autorisent à être en colère, ou mélancoliques, ou les deux.
Une ligne éditoriale ? Je regarde du côté des marges, de ceux qu’on n’entend pas assez, des mécanismes qu’on préfère ne pas voir, des questions qu’on évite parce qu’elles dérangent. Je n’écris pas pour conforter. J’écris pour interroger.
Ce blog est né d’une conviction simple : qu’on peut parler de géopolitique et de philosophie sans sacrifier la langue, et qu’on peut écrire avec exigence sans se couper de ce qui est vivant. Ici, les idées ne sont pas séparées des émotions. L’analyse ne s’excuse pas d’avoir du style.
Ce qui m’inspire
Les auteurs qui refusent de choisir entre la pensée et la beauté — Simone de Beauvoir, Albert Camus (qui, oui, ont été en couple ; les grandes idées voyagent). Les journalistes qui tiennent le réel à bout de bras. La littérature quand elle dit ce que le journalisme ne peut pas dire. La philosophie politique quand elle accepte de se salir les mains.
Sara Aimelle est un nom de plume.
Barthes avait raison sur un point : l’auteur compte moins que le texte.
Alors lisez les textes — l’autrice, elle, restera entre ces lignes.
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